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ORTHOPRACTIE : du grec (ortho = droit) et parksos (actions ordonnées vers...)
Exister impose d’avoir la capacité à interagir avec l’environnement. Chaque individu a donc obligation de mesurer l’état du monde qui l’entoure et son état interne puis de les mettre en interaction : cette tâche est dévolue au système nerveux. Comme la plupart des fonctions biologiques répondant à des contraintes complexes, elle est très automatisée. En outre, pour que leur contrôle en soit facilité. C'est aussi une évidence de dire que la station debout est la posture humaine de référence. Cette posture, dite orthostatique, s’organise pour répondre à moindre coût énergétique au diktat des contraintes gravitaires. Tous les processus de régulation homéostasique sont liés à cette double relation environnementale et chacun doit se débrouiller pour résister à la mise en flexion gravitaire grâce aux fibres toniques de ses muscles extenseurs (spinaux et membres inf) ou de ses fléchisseurs (membres sup). Il n’en va pas autrement du contrôle postural : quand tout fonctionne bien, la régulation de l'activité des boucles neuronales (courtes/réflexes et longues/intégrées) qui lient les récepteurs sensoriels périphériques aux effecteurs musculaires se fait en mode non conscient (on ne s'occupe de rien), silencieux (on ne sait pas qu’on a plus de 650 muscles tant qu’on n’a pas de courbature ou de crampe) et avec une dépense énergétique minimale. Dans ces conditions physiologiques, le cerveau est alors libéré pour les tâches cognitives nobles, voir pour les apprentissages (on peut lire le journal en marchant) ; ça devient vite une autre histoire si le codage des données sensorielles par le SN est pollué par un conflit sensoriel ou par une relation à l’environnement qui se dégrade (essayez de lire le journal en marchant sur un terrain glissant...). Plus les systèmes sont complexes, plus ils sont fragiles : le système de contrôle postural n’y échappe pas. Il est établi qu’un défaut de codage des données neurosensibles par le SN a une facilité certaine à provoquer un biais de la perception corps-environnement et de son hologramme cérébral (carte corticale). La symptomatologie des pathologies en résultant est alors aussi variée que le sont les entrées du système.
Se familiariser avec le support neurophysiologique de la posturologie clinique ; peser le poids respectif des différentes boucles sensorimotrices ; révéler des conflits sensoriels inconnus des patients alors qu’ils sont responsables d’une foule de pathologies fonctionnelles rencontrées en cabinet doit devenir la première démarche du professionnel d’aujourd’hui ! En résumé, s’assurer, par la posturologie, de l’intégrité fonctionnelle du système de contrôle postural avant tout acte thérapeutique.
Mais la posturologie ne soigne pas ; il reste à lui associer un temps thérapeutique qui soit corrélé à cette neurophysiologie des systèmes intégrés. Des questions se posent alors au praticien spécialisé : 1) Existe-t-il des conflits à point de départ somesthésique ? Est-ce qu’une facilitation du canal somatosensoriel peut moduler avec succès le codage intermodal des signaux sensoriels ? Est-ce possible quels que soient les récepteurs sensoriels en cause dans le conflit ? Les afférences somatosensorielles peuvent-elles suppléer (dépanner) les autres voies sensorielles ? ...Autrement dit, existe-t’il, en posturologie, une suite thérapeutique qui entre dans les prérogatives de la kinésithérapie ? Si la pose de semelles ou de prismes oculaires peut se justifier, elle ne présente en effet guère d’intérêt pour le kinésithérapeute.
Pour y répondre, plus d’un millier de professionnels, français et étrangers, imposent l'orthopractie comme l’acteur privilégié de leur quotidien thérapeutique. Elle met en effet à leur disposition un répertoire de techniques de manipulations tissulaires orthograde permettant de réafférenter ces boucles neurales par le biais du canal somesthésique tout en utilisant le facteur gravitaire comme un amplificateur thérapeutique et non plus comme un ennemi. Exit la notion de manipulation structurelle : c'est de facilitation du canal somesthésique et de manipulation somatosensorielle dont il s'agit et nous sommes bien entendu de plein pied dans notre champ de compétence. Dans ce contexte, il est désormais possible qu'une même manœuvre puisse réorganiser l’économie de la distribution des forces, à la fois ennormalisant le fonctionnement des structures segmentaires anormalement contraintes (libération des degrés de liberté articulaire.. etc.) et en aidant fortement à corriger le biais du modèle interne (représentation centrale /cartes corticales). Non seulement le sujet concerné retrouve de meilleures capacités posturocinétiques, mais les observations montrent que c’est autant l’économie énergétique antigravitaire que le codage cognitif des signaux sensoriels qui semblent s’en trouver remaniés.
Combinant l’avantage de s’appuyer sur des gestes techniques ancestraux largement éprouvés et sur la validation de l’avancée des connaissances en neurophysiologie, c'est une approche qui ouvre de nouvelles perspectives dans la compréhension et la prise en charge thérapeutique d’un grand nombre d’altérations pathologiques de ces mécanismes de régulation et de leur expression. C’est un autre monde et il apporte un nouveau souffle à l’essentiel de nos activités thérapeutiques.
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| Mise à jour le Jeudi, 29 Décembre 2011 10:07 |
