Formation en neurofeedback à Marseille

Formation en neurofeedback à Marseille du 13 au 17 mai 2017   Première formation en français accréditée par l’association américaine BCIA « Biofeedback certification International Alliance » en vue de l'examen de certification BCN en...

Formation continue

 Modalités de prise en charge de la Formation Continue...

Formation à Vichy

VICHY : 2 x 1 semaine en immersion, enseignement sur mesure par groupes limités à 6 élèves maximum et passage direct de la théorie aux applications thérapeutiques en participant à des consultations de 1ère intention.   Les prochaines dates sont :   VICHY 1  (2 x 1 semaine...

Dates des prochaines formations

  Paris du 10 au 12 mars 2017 / Vichy du 20 au 26 mars 2017 / Paris du 5 au 7 mai 2017...

   

 

 

ORTHOPRACTIE-POSTUROLOGIE

Orthopractie : ortho (droit) et praksos (action ordonnée vers…)

 

 

 

Valorisez vos pratiques par l'apport des Neurosciences !  


 

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1) Pour le commun des mortels, dès qu’il s’agit de « médecine manuelle », tout se ressemble et est volontiers assimilé à de l’ostéopathie. Il en va tout autrement dans la réalité des professionnels puisque l’orthopractie est à l’opposé du dogme fondateur ostéopathique selon lequel « la structure gouverne la fonction ». En effet, la neurophysiologie des systèmes intégrés conduit à penser que la fonction, et même mieux l’élaboration de la fonction, précède le temps structurel : le cerveau doit avant tout être considérée comme une extraordinaire boucle perception-action-perception. Hors traumatologie ou pathologie organique, nous considérons que 90% des dites « lésions structurelles » ne sont en fait que la résultante de défauts d’élaboration de la commande motrice, aussi bien dans ses aspects tonique, phasique que cognitifs ou psychoémotionnels : les troubles neurovégétatifs en étant un corrélat obligé. En mettant le sujet en interaction directe avec la physiologie humaine la plus fondamentale, l’orthopractie renouvelle le discours d’une thérapie manuelle dans un sens notoirement plus écologique.

 

 

2) Jean Luc Safin et Jean Moneyron ont partagé leur quotidien thérapeutique pendant plus de 20 ans. Ce patrimoine commun n’a pas d’équivalent. Il faut sourire de la célérité avec laquelle certains se réclament aujourd’hui de la « méthode Moneyron » alors qu’ils n’ont aucune idée de ce qui se faisait et se disait au cabinet.

 

La première chose est de préciser que Moneyron ne parlait jamais de sa méthode puisqu’il savait pertinemment n’avoir inventé aucune de ces techniques. Ce sont les autres et Bourdiol en particulier, qui ont pris la liberté de lui attribuer cette paternité (1972) sans s’embarrasser de forme. C’est pourtant à une empirique (sœur Chabrit ) connue de toute l’Auvergne des années 50 que Moneyron a dû la totalité d’un savoir faire de transmission ancestrale. Adopter un terme générique est donc finalement une façon de respecter l’histoire.

 

Il existe ensuite deux façons de voir les choses : soit on trouve normal de continuer à appliquer des recettes empiriques au seul prétexte qu’elles ont fait leur preuve et que c’est comme ça ; soit on choisit de les confronter à l’avancée des connaissances pour optimiser le service rendu au patient, comprendre ce que l’on fait et éliminer les erreurs. S’il est possible peut de se contenter de la première pour faire la cuisine (et encore), il en va tout autrement quand il s’agit de la santé et en particulier de celle des autres. Soyons sérieux. Si tout n’est pas rose dans le progrès, il y a du bon à prendre : ça n’est pas par hasard que notre espérance de vie gagne un trimestre chaque année. Le reste est une question d’état d’esprit : il y aura toujours des gens prêts à se faire transfuser du sang de mouton au prétexte de ce qui se faisait sous Louis XIV et des professionnels à croire, encore aujourd’hui, qu’on peut traiter un vertige par une manipulation cervicale ou une compression du 4ème ventricule. Au patient de faire le tri.

 

Sortir ces techniques de l’obscurantisme est la meilleure façon d’honorer ceux qui nous ont précédés. Elles le méritent. L’absence de sens manipulatif et le fait que le patient soit manipulé dans sa station debout naturelle sont quelques singularités qui attirent l’attention et permettent de se confronter à la neurophysiologie des systèmes intégrés. Ce qui passait à l’époque pour artifices apparaît aujourd’hui comme des éléments contextuels hors du commun dans la mesure ou il est admis que l’encodage des données sensorielles périphériques par le cerveau est très largement dépendant du contexte environnemental. Le déchiffrage des pathologies, le sens donné à l’action thérapeutique, l’ajout de techniques originales enrichissant le répertoire des gestes ancestraux font que l’orthopractie-posturologie n’a plus grand-chose à voir avec ce qui se disait et faisait il y a 40 ans. Les professionnels apprécient, les patients ne s’y trompent pas.

 

 

3) Sur terre, il n’est pas possible de transiger avec le facteur gravitaire : il s’impose à chacun comme un véritable diktat et conditionne l’essentiel des dépenses énergétiques, du fonctionnement viscéral (voyez ce qui se passe au plan digestif, urinaire, vasculaire lors d’un alitement prolongé ou dans l’espace), de la régulation du tonus postural et, nouveauté, des activités cognitives et des apprentissages. Pas de tonus dans les muscles extenseurs et pas de réflexe myotatique sans gravité : en manipulant homme debout, l’orthopractie transforme le facteur gravitationnel en amplificateur sensoriel et prend le système à son propre piège.

 

 

4) La posturologie est une discipline médicale et paramédicale récente, reconnue par la communauté scientifique. Elle permet d’analyser la capacité qu’à un cerveau, à organiser le maintien postural d’un individu donné ; autrement dit, à lui permettre de vivre debout, confortablement, avec un minimum d’énergie dépensée pour exécuter avec rapidité et efficacité le répertoire de tâches de ce qui fait son quotidien.

 

C’est le temps premier qui analyse, quantifie, qualifie les éventuelles anomalies de répartition du tonus postural par des tests cliniques et instrumentaux ; le thérapeute évalue les conséquences de ces troubles sur les systèmes associés, en particulier au plan de la cognition spatiale. Mais la posturologie ne soigne pas. Une fois ces anomalies de distribution des forces mises en évidence, reste au posturologue à trouver le moyen de réafférenter les centres intégrateurs du SNC pour lever le conflit sensoriel et corriger le biais d’intégration des données périphériques. Soit il le fait en suscitant la «réparation» du/des référentiel(s)source(s) mis en cause, soit il fait appel à la vicariance du système en demandant au cerveau du sujet de faire tourner le catalogue des stratégies posturocinétiques pour changer de répertoire. C’est là où intervient l’orthopractie.

 

L’ambition de la formation est de donner cette double compétence.

 

 

5) Nombreux sont ceux qui associent le mot posture à l’attitude physique, visible et palpable,(macroscopique) du corps alors qu’elle est avant tout une conséquence : le bébé ne se tient pas debout spontanément, il doit accumuler du vécu sensorimoteur pour élaborer son droit devant. Pour cette raison, nous préférons parler de maintien postural plutôt que de posture et notre intérêt va plutôt à l’étude des variables neurosensorielles qui sous-tendent cette activité physiologique fondamentale. C’est comme entre vertige (vertigo) et déséquilibre (dizziness) : même si le soma rétroinforme le SNC sur son état, il faut savoir faire le distingo entre l’élaboration des différentes composantes de la commande motrice et de sa représentation mentale (maintien postural et schèmes corporels) avec sa résultante (la posture). Le posturologue s’intéresse plus à ce qui les tord les gens qu’au fait qu’ils sont tordus.

 

 

6) Sur terre, la vie est conditionnée par la capacité que nous avons à nous situer dans l’environnement gravitaire et à nous adapter aux variations de cette relation, qu’elles soient engendrées par des forces externes ou internes. Ceci relève d’activités cognitives élaborées à haut niveau central parce que le cerveau humain, hors les réponses réflexes stéréotypées de premier niveau, ne répond aux stimuli qu’après leur avoir donné du sens. Quand les perturbations des circuits sensorimoteurs altèrent la distribution du tonus postural, ce sont en réalité toutes les composantes du répertoire de tâches établissant l’interaction organisme-environnement qui sont altérées. Ces anomalies sont d’autant plus préjudiciables si elles surviennent dans un organisme en pleine maturation neuronale, cognitive et morphologique : les enfants sont plus particulièrement exposés.

 

 

     D’origine posturale ou pas, les troubles fonctionnels sont la première indication de l’orthopractie. En contexte orthograde, l’implication des modulateurs visuo-optiques, dento-occlusaux, viscéro-posturaux…peut être enfin prise en compte en temps réel : manipuler un patient debout avec sa correction optique sur le nez n’a, par exemple, rien à voir avec une manipulation en position couchée, lunettes enlevées. Chacun comprend que l’interaction corps environnement n’a rien à voir dans ces situations et que l’une est plus physiologique que l’autre.

 

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Maintien postural et Intégrité tensionnelle neuro- intégrée

(par Jean Luc Safin, physiothérapeute DE, directeur pédagogique)

 

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     Personne n'a jamais vu un os bouger tout seul et davantage vu un corps en mouvement être stabilisé par les simples tensions ligamentaires ou fasciales. Le contrôle des nombreux degrés de liberté articulaire répartis dans le corps et celui, plus général, du corps dans l'espace, est essentiellement le fait des forces délivrées par les moteurs musculaires et élaborées par le SNC dans le cadre de schèmes perception-action. Cette fonction neurologique intégrée, fruit de l'évolution, précède et accompagne la posture dans sa construction tenségritaire : pas de manipulation structurelle, tenségritaire ou autre, sans préalable neurosensoriel et neuromoteur.

     Les autocontraintes (tensional prestress) de la station bipodale fondamentale de l'espèce humaine, ne peuvent exister sans les fonctions supérieures du système nerveux central : se mettre debout relève d'une intention motrice, se maintenir dans cette posture relève de l'activité (bonne ou mauvaise) de boucles sensorimotrices spécialisées et de fonctions cognitives. Se soucier de la réhabilitation des autocontraintes corporelles par manipulation structurelle, pourquoi pas, mais certainement pas sans évaluation et réhabilitation préalable ou conjointe, de l'homéostasie posturocinétique.

 

De la périphérie à la périphérie en passant par le SNC : les capacités posturocinétiques (CPC)

     Exister impose d'avoir la capacité à interagir avec l'environnement. Tout acte moteur nécessite la définition préalable d'un cadre de référence ; il faut pouvoir mesurer l'état du monde qui nous entoure et notre état interne avant de les mettre en interaction pour produire des réponses adaptatives (motrices, végétatives et autres). Cette tâche est dévolue au système nerveux et, comme la plupart des fonctions biologiques répondant à des contraintes complexes, elle très automatisée pour en faciliter son contrôle.

     Dans le cas du maintien postural, l'information circule des senseurs périphériques aux effecteurs musculaires : quand tout fonctionne bien, la régulation de l'activité de ces boucles neuronales (courtes/réflexes et longues/intégrées) se fait en mode non conscient (on ne s'occupe de rien), silencieux (on ne sait pas qu'on a plus de 650 muscles tant qu'on n'a pas de courbature ou de crampe) et avec une dépense énergétique minimale. Dans ces conditions physiologiques, le cerveau est libéré pour les tâches nobles et pour les apprentissages (on peut lire le journal en marchant) ; ça devient vite une autre histoire si le codage des données sensorielles par le SN est pollué par un conflit sensoriel ou par une relation à l'environnement qui se dégrade (essayez de lire le journal en marchant sur un terrain verglacé...).

     Mais si la posture doit d'abord être référencée vis-à-vis du monde extérieur (œil, oreille interne), elle devient aussi source de référence par le biais des réafférences du monde intérieur (somesthésie). Les récepteurs sensoriels dédiés envoient donc en permanence au cerveau les références nécessaires à la stabilisation et à l'orientation spatiotemporelle du corps. Avec des préférences propres à chaque individu et en fonction de ce qu'il reçoit, le cerveau exploite celles qui lui permettent de répondre avec efficience et célérité au besoin du moment t, et à anticiper celui du moment t+. C'est un art difficile. Avoir un cerveau perché et se stabiliser sur le seul appui de la surface de pieds a tout d'une véritable aventure (les bébés et les vieillards le savent bien) : l'activité neurale qui régule les stratégies posturocinétiques en liant les senseurs périphériques aux actionneurs musculaires relève d'un mécanisme d'extrême précision.

 

Représentation interne : patterns cérébraux

    
Que l'on parle de posture ou de mouvement complexe, les muscles (que nous manipulons à longueur de temps dans nos métiers) sont un maillon essentiel de la relation corps-environnement puisqu'ils sont les seuls équipés pour jouer à la fois le rôle d'acteur (fibres contractiles toniques et phasiques) et de spectateur (FNM). Ils sont cependant plus de 650 à donner des signaux directionnels multiples se mélangeant aux autres inputs somesthésiques (peau, fasciae, gravicepteurs viscéraux, mécanorécepteurs dure-mèriens) et à ceux des autres récepteurs sensoriels (œil, oreille interne…) : malgré toutes les qualités du SN, il semble que le calcul en temps réel soit trop complexe pour être efficace. Pour réduire le coût énergétique, leur commande fait donc l'objet d'une préactivation probabiliste permettant de prendre un temps d'avance, par fixation anticipée (contraction tonique) des degrés de liberté articulaires proximaux (APAs, ALAs). Ceci n'est possible que si le cerveau dispose d'une représentation interne (Homonculus de Penfield /cartes corticales, modèle interne, patterns ) de l'état du corps et de sa relation à l'environnement spatial (droit devant référent). Actualisée au fil des apprentissages, elle doit rester congruente avec le précablage neuronal inné (protoschéma corporel).

     Si les verticales mesurées par les yeux et l'oreille interne sont des dimensions plutôt abstraites appartenant au monde extérieur, le sens haptique donne à la relation corps-environnement une dimension concrète très signifiante au plan perceptif : la conscience du corps semble avant tout de construction somesthésique. Les informations issues de la musculature axiale antigravitaire (référentiel égocentré) et peut être encore plus de la peau (Edin, Berthoz, Rabischong : « la peau est le codeur du positionnement articulaire ») qui la recouvre, semblent être essentielles au référencement spatial du corps. Les ligaments qui sont surtout des indicateurs de fin de course et les fascias qui ne peuvent donner que des informations vectorielles congruentes avec les signaux des fuseaux neuromusculaires et des mécanorécepteurs cutanés, ne jouent qu'un rôle secondaire dans la création de cette représentation cérébrale.

     Par contre, le référencement spatial du corps semble davantage le fait de la vision et de l'appareil vestibulaire. Toute représentation mentale incluant un mouvement de rotation mentale de la scène visuelle dépend de la qualité des afférences vestibulaires.



Modulation sensorimotrice

     Cette modélisation centrale semble être le fait d'un premier système neurologique central dont les neurones ont pour fonction de faire passer les messages d'une structure à une autre. Les neurotransmetteurs chimiques de ces circuits sont essentiellement le GABA (acide g-aminobutyrique / inhibiteur) et le Glutamate (acide glutamique / excitateur) auxquels on peut ajouter l'acétylcholine et quelques neuropeptides : ces neurones, qui interviennent dans le traitement analogique de l'information, ne libèrent jamais de monoamines primaires (dopamine, sérotonine, noradrénaline). Ces substances sont libérées par un second circuit plus diffus et superposé au précédent, dont il module l'activité pour obtenir une réponse plus adaptée aux stimulations sensorielles périphériques.

     Si la représentation mentale du corps dans l'espace et dans le temps, est le fait d'une activité centrale rapide à laquelle il est peut être difficile d'avoir un accès direct, sa modulation cognitive, plus lente, semble principalement liée à l'activité de voies dopaminergiques qui interviennent aussi bien dans l'initialisation de la posture et du mouvement, que dans le circuit de la récompense.

    La posture est sensorielle (visuelle, vestibulaire, proprioceptive), motrice, intellectuelle, émotionnelle et végétative. L'étudier requiert la capacité à pénétrer ces mécanismes neuronaux complexes, mais pas pour autant compliqués ; si cela renouvelle nos activités professionnelles de façon assez passionnante, la posturologie s'accommode quand même mieux d'un travail en équipe interdisciplinaire !

 

   
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