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Orthopractie-Posturologie Neurosciences

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ORTHOPRACTIE-POSTUROLOGIE

 

 pub 2019

 

Thérapie manuelle orthopédique,

Réhabilitations des fonctions opératives...

 Changez de paradigme, donnez du sens à vos pratiques et

dopez vos capacités thérapeutiques !

 

 Des concepts structuralistes aux Neurosciences intégrées…

De la biomécanique aux manipulations du « Soi perçu dans l’espace » ...

 

 

  • Des flux proprioceptifs au sentiment de Soi (self consciousness)

  • Des flux visuo-vestibulaires à la cognition spatiale (Agentivité) ...

  • Des chaînes musculaires aux synergies posturales anticipatrice...

  • Techniques de modulation centrale du facteur biopsychosocial...

  • TMS, Vertiges et désorientation spatiale, capacité posturocinétique, performance sportive… , clinique, remédiations, optimisation...

  • Raisonnement systémique, Bilans-diagnostics différentiels...

  • De la Thérapie manuelle à l’acte aux réhabilitations fonctionnelles…

  • Devenez spécialiste du « Brain Hacking »...

  • La preuve par l’application de la physiologie…

 

 

Un enseignement complet, une équipe au service des savoir

et savoir-faire depuis plus 25 ans

 

 

 

2000 praticiens formés : la longévité pour garantie !

 

 

 

 

=> BULLETIN D’INSCRIPTION <=

 

 

 

(Jean Luc Safin, MK physiothérapeute, Dir pédagogique du GRETM)

 

La posturologie est une discipline médicale et paramédicale née à la fin des années soixante dix à partir d’observations cliniques. au Portugal sous l’impulsion du Dr Henri Martins da Cuhna (Syndrome de déficience posturale), puis en France sous celle du Dr Pierre Marie Gagey. Da Cunha décrit un trouble fonctionnel accompagné d’algies diverses, de troubles de l’équilibre de syndromes visuels subjectifs et d’une asymétrie tonique prenant  la forme d’une attitude scoliotique. Médecin du travail, Gagey reprend les conclusions d’une réunion de la Société de Neurologie de 1916 pour s’étonner de la proximité des signes cliniques présentés par les sujets porteurs de Syndrome Subjectif des Traumatisés Crâniens. Il n’hésite pas à établir un parallèle avec les troubles psychophysiques de ces traumatisés de la Grande Guerre. S’appuyant sur les travaux de J Baron, il fait des troubles visuomoteurs associés  un élément diagnostic essentiel.

 

Dans les deux cas, se pose la question, non résolue à ce jour, de l’objectivation d’un syndrome subjectif ; autrement dit de savoir qui fait quoi dans ces syndromes psychophysiques, alors qu’il semblerait bien d’effectuer cette partie du cheminement thérapeutique avant de prétendre passer à la case traitement.

 

L’explosion des connaissances liées au développement exponentiel des Neurosciences intégrées, cognitives, affectives… oblige à se poser quelques questions sur la validité du lien observations cliniques-remédiation en application de la physiologie et sur la réalité des hypothèses émises par ces auteurs. Avec un système de contrôle moteur réputé plurisensoriel et centralement modulé par des processus cérébraux autonomes, il semble que la proposition portugaise de SDP d’origine proprioceptive unique n’entre pas dans le cadre de la physiologie appliquée à un système plurisensoriel centralement modulé. La dissociation statique-mouvement/locomotion  fondatrice de l’hypothèse du système postural fin de Gagey n’est pas acceptée par les fondamentalistes alors qu’elle est toujours d’actualité en posturologie modèle 1970.  Il en va de même avec la restriction apportée au rôle de l’appareil vestibulaire, au principe du seuil d’activation des canaux semi-circulaires et du fait que les patients ayant présenté une destruction unilatérale des voies vestibulaires par une névrite ont, en statique,  un comportement posturographique de sujet sain au bout de quelques mois. On peut objecter à la première qu’il n’existe pas d information vestibulaire otolithique ou canalaire pure et à la seconde  que les mécanismes de compensation centrale associés à l’évolution propre de l’affection expliquent cette observation clinique. Alors que la posturologie œuvre dans le domaine de la psychophysique et que les synapses des réseaux neuraux du cerveau sensorimoteur ne sont pas réputées libérer les amines biogènes indispensables au bon fonctionnement du contrôle moteur dans les tâches supraposturales, il est difficilement acceptable que les mécanismes de modulation cérébrale autonome sortante ne soient pas pris en compte dans l’analyse des pathologies et leur remédiation. Avec des tests en mode entrée-sortie qui sont exposés à un nombre important de faux positifs compte tenu de la propension du SNC à opérer en mode bayésien. L’anticipation des conséquences de l’action est sans aucun doute une qualité du système, mais revers de la médaille, elle expose les cerveaux des patients et des thérapeutes à être trompés à l’insu de leur plein gré. Si les artistes-peintres exploitent ces phénomènes depuis toujours pour notre grand plaisir, les marchands du temple se sont vite emparés de ces faiblesses du système pour nous vendre moult bracelets magiques (Power B…) et autres colifichets qui ne marchent que le temps d’y croire ! La posturologie version 1970 a les insuffisances des connaissances de l’époque ; le  modèle 2018 gagnerait à se départir des chapelles et à se réformer autour de l’application de la physiologie.

 

Plus les systèmes sont complexes, plus ils sont fragiles et c’est le cas du  système de contrôle moteur, même s’il semble faire avec de nombreuses incertitudes intrinsèques. Ses troubles, toutes origines confondues, ont une facilité certaine à biaiser la perception de la relation corps-environnement et de son hologramme cérébral (carte corticale / mapping). La symptomatologie des pathologies qui accompagnent ces biais est aussi variée que le sont les sources de référencement sensoriel et de modulation du système. Nos patients périphériques sont à coup sûr des centraux qui s’ignorent !

 

La diversité des boucles neuronales engagées, les arcanes d’une intégration centrale contenant encore bien des inconnues malgré l’abondante recherche qu’elle suscite et les progrès de l’imagerie fonctionnelle cérébrale, obligent à un travail multidisciplinaire. Le physiothérapeute a la chance d’être déontologiquement à la croisée des chemins de la gestion des interactions hétéromodalitaires caractérisant le système.  Posturologue traditionnellement tourné vers la thérapie manuelle et les troubles et douleurs musculosquelettiques, il est celui qui peut également se donner les compétences lui permettant de s’approprier appareils vestibulaire et visuomoteur, dysfonctions  maxillo-faciales en ODF ou gestion des émotions, en collaboration directe avec le monde médical concerné. C’est un monde inhabituel, mais  il suffit de parcourir et d’exploiter le champ de compétence de la physiothérapie pour se l’approprier puis le faire savoir. La posturologie ne soigne pas : elle est étude des différentes facettes des comportements moteurs. Elle a  besoin d’être relayée par des outils thérapeutiques adéquats. L’ensemble est l’objet du cursus de formation en orthopractie-posturologie.

 

 

 

     C’est une évidence de dire que le cerveau n’utilise pas de la même façon les informations sensorielles et n’utilise pas les mêmes représentations mentales prémotrices en position couché ou debout, assis ou en mouvement, couché ou quand il existe un risque de rupture d’équilibre en faisant un exercice de tai chi chuan ou de yoga. Chacun comprendra alors que manipuler Homme debout ne peut pas donner les mêmes effets que manipuler couché, en situation de privation sensorielle et avec des tensions artificielles. Manipuler en station debout naturelle à chaque fois que possible, c’est créer un contexte de réalité augmentée qui nous permet de mettre les mains au cœur du système.

 

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Psychophysique : posture, posturologie, maintien postural actif

(par Jean Luc Safin, physiothérapeute, Directeur )

 

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Personne n’a jamais vu un os bouger tout seul. Personne n’a jamais vu un corps en mouvement être mu et stabilisé par de simples tensions ligamentaires ou fasciales. Le corps est largement polyarticulé ; c’est  un avantage au plan des habiletés motrices parce que ce serait un énorme problème d’avoir une main ou une jambe ayant une seule articulation. C’est un inconvénient parce que cela pose la question de l’efficience du contrôle de ces très nombreux degrés de liberté articulaire, en particulier dans le cadre de mouvements réalisés dans l’espace-temps. Cette tâche neuromotrice complexe implique la présence de moteurs musculaires capables d’un fonctionnent ordonné et d’une fonction déléguée au système nerveux central (SNC) qui régule la commande, soit à partir d’une prescription centrale basée sur des représentations mentales idéomotrices anticipatrices des conséquences physiques et sensorielles de l’action (modèle cognitiviste prédictif et prédictif inverse, mécanisme feedforward top down), soit à partir de signaux pertinents extraits des flux sensoriels entrants et par ajustement en ligne du gain des réflexes posturaux (modèle écologique asservi, bottom up).

 

Tout mouvement est facteur de déséquilibres appellant des ajustements posturaux compensateurs. Au début du XXème siècle, Sherrington a imaginé que ce contrôle était l’œuvre de réflexes posturaux. En Russie, dans la deuxième moitié du siècle, Bernstein /Belenkii se sont opposés à Pavlov par une critique des ajustements réflexes conditionnels et de sa méthodologie expérimentale.  Ils ont à contrario émis l’hypothèse que le contrôle posturocinétique peut être facilité par la réduction du nombre de degrés de liberté articulaire par le biais de coordinations motrices préférentielles anticipatrices des conséquences de l’action. En intervenant quelques centaines de millisecondes avant le début de l’action, ces ajustements posturaux anticipés (ASAs, EPAs, APAs) s’expriment sous la forme de synergies musculosquelettiques qui ne peuvent pas répondre, de façon rétroactive, à une rupture d’équilibre qui ne s’est pas encore produite. Elles apparaissent centralement initiées à partir de représentations mentales, présupposant les conséquences physiques, sensorielles, énergétiques, des variations de la relation corps-environnement induites par l’action. Ces modèles internes prédictifs et prédictifs inverses bayésiens sont compatibles avec un fonctionnement en boucle ouverte (feedforward). De tels processus cognitifs intégrés appris, pourraient également permettre de lever le risque d’erreur inhérent aux nombreuses ambiguïtés sensorielles et incertitudes, propres à la physiologie du système.

 

Il est néanmoins évident que le cerveau ne peut pas tout connaître, tout prévoir et que le tonus postural orthostatique se caractérise par un silence EMG. La machinerie sensorimotrice doit aussi compter avec les mécanismes  liés aux propriétés physiques de raideur intrinsèque propres aux couples muscle-tendon des effecteurs périphériques, dans le cadre de ce qui pourrait être assimilé à un système à relaxation. Certains auteurs soutiennent que les états posturaux se désorganisent et se réorganisent de façon permanente et pertinente, sous l’effet des contraintes internes ou externes liées à la variation des relations corps-environnement, sans avoir recours à une prescription centrale (Gibson 76, Haken 83, Bardy/Stoffregen). Ces mécanismes en ligne paraissent compatibles avec un fonctionnement en boucle fermée et modulation du gain des différents réflexes inhérents aux boucles sensorimotrices impliquées. Par contre, il ne semble pas que la seule raideur mécanique du couple d’actionnaires suffise au maintien suprapostural. Née aux Etats Unis dans les années soixante dix et inspirée des travaux de JJ Gibson, la théorie tenségritaire (Tensional prestress integrity) est une version particulière de ces processus de contrôle en boucle fermée faisant appel aux qualités dynamiques intrinsèques, structurelles et sensorielles, des actionnaires incriminés.

 

Pour autant, l’absence de tonus postural et le retard psychomoteur des enfants « poupées de chiffon » porteurs de syndrome CHARGE, semble  indiquer qu’acquisition de la station érigée et gestion de l’équilibre actif suprapostural assignés à la locomotion et au mouvement complexe, restent largement tributaire des flux sensorimoteurs entrants et des modèles appris centraux. Inutile de réapprendre à marcher ou a faire du vélo chaque matin : une fois le modèle acquis par apprentissage et maturation du système, c’est chose acquise et l’action s’exécute de façon automatique préconsciente. Ce syndrome souligne par ailleurs le rôle notoire joué par les signaux vestibulaires dès après la naissance dans l’organisation de la posture, en particulier pour ce qui est du système otolithique. Si les études sont contradictoires, ceci pourrait aussi montrer que les informations sensorielles liées aux autocontraintes posturales de la station debout et l’ajustement du gain des réflexes posturaux, n’existent qu’une fois acquis, par maturation physiologique du système et par apprentissage, le sens de la verticalité. Il semble en effet difficile de concevoir qu’un jeune enfant acquiert la station érigée par la seule activité intrinsèque de ses muscles, fascias et ligaments, en étant dénué de toute motivation à imiter les grands en traduisant posturalement parlant, sa volonté à devenir petit Homme. N’ayant ni architecte ni maçon pour construire cette attitude caractéristique de l’espèce, l’Homme apparaît largement dépendant de la réussite des processus de maturation du proto droit devant référent phylogénétique, sous le poids des acquis de l’expérience, pourvu que le contexte l’y encourage ou l’y oblige. Par la suite, l’empreinte laissée dans les réseaux neuraux par la permanence de ces processus actifs, semble bien placée pour contribuer à  renforcer et adapter sans cesse les modèles prédictifs existants Il semble y avoir de forts arguments pour dire que le temps neurologique précède le temps biomécanique et que ce principe s’applique aussi bien à l’organisation de nos bilans diagnostics qu’à l’élaboration de nos décisions thérapeutiques. L’observation et la comparaison des degrés de facilité avec lesquels les athlètes handisport organisent et maîtrisent la compensation de leurs handicaps respectifs, semble particulièrement révélatrice de cette hiérarchie.

 

Psychophysique, puisque ces mécanismes ne se contentent pas d’être sensibles aux données périphériques, mais se montrent également sensibles à l’activité cérébrale intrinsèque propre à chaque cerveau, sous le poids de facteurs biopsychosociaux innés ou acquis. Cette processus modulent, de façon positive ou négative, l’activité intégrative et opérative du système. Qualifiée de sortante, ces phénomènes intrinsèques ne sont pas vraiment fait pour faciliter la vie du thérapeute et la manière d’appréhender l’expression et la compréhension des troubles du système par les bilans diagnostics fonctionnels différentiels. Dans ce cadre, savoir exactement qui fait quoi est un vrai défi pour les professionnels de santé concernés et ce d’autant plus que le besoin de « guérir » de ces patients est souvent doublé d’une recherche de merveilleux.  L’application d’une physiologie des systèmes intégrés actualisée par l’évolution des connaissances en neurosciences est certainement le meilleur outil intellectuel au service des professionnels concernés.

 

Il serait également surprenant que les apprentissages sensoriels, moteurs, émotionnels, intellectuels… ne laissent aucune trace dans les circuits neuraux concernés par ces fonctions et que la machinerie idéomotrice supportée par des mécanismes motivationnels, attentionnels … ne soit pas, elle aussi, invitée à la table de l’organisation des processus physiologiques fondamentaux de la vie active en station bipédale. Les besoins du système dans l’exécution des tâches posturales et supraposturales s’avèrent multiples.  Les différents  modes de régulation du maintien postural actif apparaissent plus complémentaires qu’opposés puisqu’il lui est demandé de répondre à tout ou presque, avec un maximum d’efficience et un minimum de coût énergétique.

 

Multiples récepteurs périphériques, multiples flux sensoriels entrants, multiples structures intégratives, multiples processus de modulation intrinsèque, réflexes, processus cognitifs et imagerie mentale, fonctionnement idiosyncrasique… semblent constituer un ensemble hétéromodal neuroplastique, permettant de répondre avec efficience, chez le sujet sain, au répertoire de tâche assigné. Par leurs troubles et douleurs musculosquelettiques, par leurs troubles de la cognition spatiale, un très grand nombre de patients fréquentant nos cabinets expriment, chacun à leur façon mais avec des caractéristiques cliniques assez communes, les altérations de ce système. Ces activités humaines fondamentales relèvent de processus psychophysiques dont l’exploration et la remédiation constituent le cœur de métier d’un kinésithérapeute-physiothérapeute averti, même si ils se conçoivent le plus souvent dans une approche transdisciplinaire. C’est en cela que l’orthopractie se distingue des médecines manuelles habituelles.

 

 

 

 

 

 

   
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