Orthopractie-Posturologie Neurosciences

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Orthopractie-Posturologie 

 
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Se tenir debout exige de pouvoir stabiliser l’image de l’environnement sur la rétine et d’avoir la tête stable; c’est le rôle de l’appareil vestibulaire. Constitué de l’oreille interne, des voies nerveuses et des centres cérébraux spécialisés, il initie des réflexes de contre rotation oculaire qui stabilisent l’image visuelle dans tous les mouvements et positions de la tête par des connexions spécifiques avec les muscles oculomoteurs. En dynamique, ces réflexes sont initiés par les canaux semi-circulaires, en statique par le système otolithique qui élabore ainsi la mesure de la verticale de gravité. Des altérations peuvent se produire à ces différents niveaux et se traduire soit par des vertiges (je vois le décors bouger), soit par un déséquilibre (j’ai l’impression d’avoir bu un coup de trop) et il est important de faire la différence. L’oeil témoigne de l’état du système; tout vertige suppose la présence d’un mouvement incontrôlé des yeux (nystagmus) dont la recherche est un préalable à tout traitement d’un vertige. L’évaluation de l’organe est faite par le médecin otoneurologue; celle de la fonction par le kinésithérapeute spécialisé. La grande préoccupation est de distinguer les vertiges d’origine périphériques (bénins et majoritairement réversibles) des atteintes centrales qui peuvent représenter des urgences neurologiques (AVC).

Mais les troubles de l’appareil vestibulaire ne se limitent pas aux vertiges et aux pertes d’équilibre puisque les voies vestibulaires descendantes sont celles du tonus postural. Bien sûr que le nageur déviant de sa trajectoire en condition yeux fermés dont nous citions le cas ci-avant devra bénéficier d’une évaluation vestibulaire dans le cadre de l’optimisation de sa performance.

La prise en charge des vertiges ne souffre pas l’à peu près: les élèves en orthopractie-posturologie reçoivent plus de 50 heures de cours théorique et pratique relatifs à la prise en charge de ces pathologies. Il n’y a pas d’équivalent dans les autres formations en posturologie.

 

 

- Quelques exemples …

 

  • Vertiges périphériques (spectaculaires mais bénins pour l’essentiel)

 

-Vertiges positionnels (VPPB) : Spectaculaire mais bénin; c’est la plus fréquente des crises de vertiges. C’est un vertige pur, d’une durée de quelques dizaines de secondes et concomitante (nystagmus provoqué) à un mouvement de la tête ou du corps (en se tournant dans son lit, en se couchant, en se penchant en Ar ou en Av…). C’est la fameuse histoire des cristaux (otolithes) qui se détachent (traumatisme; stress métabolique, vasculaire, viral) de la macule otolithique, s’engagent par erreur dans un canal semi-circulaire et dont la vidange est assurée par une manœuvre spécifique à chaque canal. Attention, c’est beaucoup moins simple que certains veulent bien le dire: évaluation et manœuvres relèvent de gestes techniques précis. L’utilisation de matériel spécialisé est indispensable. Les VPPB ne relèvent pas de traitements médicamenteux et ne doivent pas être confondus avec des vertiges de position.

-Syndromes pressionnels : Le plus connu est la « maladie de Ménière ». Ces syndromes sont relatifs à une augmentation du volume du liquide emplissant les structures membraneuses de l’oreille interne : l’origine en est mal connue. Le stress chronique est un facteur favorisant majeur. La crise associe une crise de vertige (nystagmus spontané) continu d’¼ heure à quelques heures avec des vomissements et une difficulté à se tenir debout à des signes auditifs latéralisés (oreille « bouchée », acouphène, baisse d’audition).
Les problèmes viennent de la récurrence des crises et de la permanence des troubles auditifs.

- Névrite ou neuronite vestibulaire : Enorme et brutale crise de vertige avec vomissements et impossibilité de se tenir debout: elle correspond à une destruction unilatérale de la fonction d’une oreille interne d’origine probablement virale (virus ototoxique). Le nystagmus spontané est violent et d’une durée de plusieurs jours. Evaluation otoneurologique, traitement médicamenteux et réhabilitation par rééducation sur fauteuil rotatoire et suppléance sensorimotrice sont au programme: redevenir actif le plus vite possible.

- Abandon vestibulaire : Décrit par le sujet comme un vertige, il est en fait caractérisé par des pertes d’équilibre: ça ne tourne pas, ça tangue. Intéressant principalement la personne âgée dont le cerveau néglige les informations vestibulaires, il se rééduque la plupart du temps en quelques séances de rééducation optocinétique.

- Corrections visuelles iatrogènes :  Des vertiges peuvent être décrits par des porteurs de lunettes, en particulier de verres multifocaux (progressifs). Fréquents, ce sont en réalité des troubles de la perception spatiale accompagnés d’un pseudo « mal de mer » qui signent un effet prismatique par inadéquation de la correction oculaire. Dans ce même registre se situent les cervicalgies des porteurs de verres multifocaux travaillant sur ordinateur.
Neurinomes du VIII, labyrinthite, fistule péri lymphatique, atteintes infectieuses ou post-traumatiques, vertiges médicamenteux par ototoxiques, syndrome otolithiques, etc… sont d’autres entités.

 

 

  • Vertiges centraux

- Vertiges vasculaires : ils sont le reflet d’accidents ischémiques transitoires (AIT) plus ou moins importants; les plus fréquents sont le fait de dissection d’une artère vertébrale. Ce sont de véritables accidents vasculaires cérébraux qu’il faut savoir diagnostiquer de façon précoce tant ils peuvent être prédictifs d’un AVC plus important ; la difficulté vient du fait que l’imagerie cérébrale n’est positive que pendant un temps limité. Il faut donc être là au bon moment et ne pas s’égarer dans des considérations inutiles. Lorsque le vertige existe, c’est un vertige accompagné de signes neurologiques ; céphalées postérieures, hoquet itératif, changement de voix sont de forts signes d’appel.

La dissection des artères vertébrales est la première cause d’AVC chez les adultes jeunes; elle peut être le fait d’un simple mouvement de tête sur un épithélium fragile, mais aussi le fruit d’une manipulation intempestive comme d‘une simple manœuvre de provocation cervicale particulièrement chez les femmes jeunes. Dans ce cas, quand le vertige apparaît, c’est trop tard.

Rappelons qu’il n’y a pas de vertige douloureux et qu’un vertige ne se traite pas par manipulation cervicale, par pompage du 4ème ventricule ou par les élixirs floraux sauf à témoigner d’une méconnaissance coupable de la neurophysiologie.

Vertiges des pathologies neurologiques (SEP…), syndrome vestibulo-cérébelleux, épilepsie vestibulaire mais aussi syndrome phobique, vertige des hauteurs, etc.. relèvent de troubles du système nerveux central.

 

 

- Morphogénése cranio-faciale, Scolioses idiopatiques…

 

- Des anomalies du développement morphologique du crâne et de la face peuvent être observées chez certains jeunes enfants :

 

1) Les asymétries post natales de la partie postéro-latérale du crâne sont liées le plus souvent à la position couché-dos, tête en rotation du nourrisson (la plupart du temps sur le côté droit). Compte tenu du poids du cerveau par rapport à la malléabilité des os du crâne dans les premières semaines de vie et de la recommandation de ne pas coucher les nouveaux-nés sur le ventre (mort subite du nourrisson), ces déformations sont devenues très fréquentes. Pour les prévenir, la maman doit veiller à faire dormir son enfant en alternant tête en rotation Dr et G (au besoin avec un dispositif), à varier les côtés de stimulation auditive et lumineuse dans la chambre, à mettre le bébé couché sur le ventre quand il est sous surveillance et à le porter le plus souvent possible dans un dispositif ventral pour verticaliser sa tête et le stimuler.

Le couché plat-ventre stimulera ensuite le redressement de la tête et le développement de la lordose cervicale en parallèle au recul de la langue pour la mise en place de la ventilation nasale. C’est également la position de découverte du droit- devant allocentrique et le prélude à la marche à 4 pattes dont certains disent qu’elle est la « marche de l’intelligence ».

Reste à rassurer les parents d’enfants porteurs de plagiocéphalie positionnelle : la déformation de la voûte crânienne ne les rendra pas moins intelligents.

 

2) D’autres asymétries cranio-faciales en torsion peuvent apparaître dans les premiers mois et être le reflet d’asymétries vestibulaires fondamentales ou de torticolis oculaires mettant essentiellement en cause les muscles obliques de l’œil et en particulier le muscle oblique supérieur. Plus tard, ces asymétries vestibulaires innées peuvent générer des asymétries anatomofonctionnelles globales. Leur participation dans la genèse des scolioses idiopathiques de l’adolescent (SIA) est évoquée en parallèle à une anomalie de certains neuromédiateurs (mélatonine, calmoduline), au concept postural, voir à des asymétries cérébelleuses structurelles : la SIA doit probablement être considérée comme une maladie neurologique s‘exprimant au plan périphérique.

Toutes étiologies confondues, ces asymétries ou déformations précoces du corps doivent obligatoirement poser la question de l’organisation (bonne au mauvaise) de la distribution des forces et plus particulièrement des forces antigravitationnelles. Quel est l’état des récepteurs sensoriels périphériques ? Quelle est la qualité de l’activité des boucles sensorimotrices qui en élaborent la répartition ? Comment le SNC encode-t’il les signaux issus des récepteurs sensoriels ? .etc.. Ce sont à ces questions fondamentales que veut répondre la posturologie. Elles justifient le fait que toute détection d’une anomalie de ce type devrait susciter un bilan sensorimoteur spécifique. La vision peut entre autre être bilantée dès l’âge de 3 mois.

 

- Troubles du développement et des apprentissages scolaires (dyslexie développementale, dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie…) :

 

Certaines observations cliniques ont amené à réfléchir sur un lien potentiel entre certains troubles d’apprentissage scolaire et une altération du contrôle moteur se traduisant par un trouble du codage central des données sensorielles périphériques. Pour le cas des retards d’apprentissage de la lecture par exemple, si la conception officielle est celle d’un trouble de la conscience phonologique à traiter en orthophonie, il ne faut pas oublier que cet apprentissage relève d’une tâche visuo-guidée. Ces enfants semblent avoir des yeux qui voient normalement mais dont le cerveau ne puisse pas exploiter normalement les signaux visuels pour leur donner le sens attendu. Certaines hypothèses attribuent cette difficulté à une perturbation conjointe des mécanismes de cognition spatiale liées à des anomalies d’afférentement somatosensoriel. Il semble que ces sujets présentent de fréquentes anomalies de l’organisation du mouvement oculaire : saccades en excès, difficulté à maintenir l’angle de convergence, aberrations orthoptiques… En réponse, le traitement passe par un référencement du SNC par le biais de stimulations périphériques allant au-delà de l’orthophonie : prismes oculaires, équilibration manducatrice, équilibration posturale, semelles de stimulation… Aussi surprenant que cela puisse paraître, il semble que l’orthopractie, par son contexte écologique singulier, puisse trouver sa place dans ce registre par sa capacité à lever des « parasites d’information » d’origine proprioceptive.

Il est en effet plausible de s’attendre à ce que « manipuler » Homme debout ait un tout autre effet sur l’intégration des stimuli sensoriels par le SNC. Chacun comprendra que dans ce contexte singulier, le message sensoriel du corps au cerveau est bien différent de ce qu’il peut être quand on organise délibérément une situation de privation sensorimotrice en couchant le sujet. L’évolution avant-après séance des tests calibrés de tâches visuo-guidées (Frostig, lecture rapide, labyrinthe…), de certains items du bilan dyslexique, des comportements psychosociaux et scolaires semblent conforter ce point de vue, même si nous ne sommes qu’au début de l’aventure.

Ce sont des approches très novatrices et inusitées dans le monde des médecines manuelles mais qui apparaissent beaucoup moins du domaine de l’impossible avec le support de la neurophysiologie des systèmes intégrés: les observations sont là. Cela ne doit pas pour autant nous transformer en faiseurs de miracle auprès de parents et d’enfants en souffrance.

   
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